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ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE
LUTHÉRIENNE DE FRANCE
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Loi et Grâce
En quoi cet important thème théologique prend-il place dans notre
réflexion sur la famille, abordée plus particulièrement sous l'angle de la
parentalité et selon un questionnement plus vaste autour de ce qui fait
autorité dans nos vies ?
A la lecture des rapports et avis venant des dix synodes régionaux de
nos Églises Luthérienne et Réformée de France, est apparue comme une constante
l'inquiétude, allant quelquefois jusqu'au désarroi, face aux évolutions et
diversifications des structures familiales.
Inquiétude et perplexités vont cependant au-delà des constats et se
manifestent par l'expression de la nécessité de pouvoir réaffirmer des limites,
poser un cadre, rappeler la Loi et par la recherche de repères,
comme le notait d'emblée la question incluse dans le titre du thème synodal.
Ainsi se dit l'urgence à situer l'autorité, au sens de qui impose
l'obéissance mais aussi de qui s'impose comme référence et permet la
construction de chaque personne et l'avènement à des comportements
responsables.
Les synodes ont aussi insisté sur l'originalité d'une parole d'Église,
l'originalité du message chrétien, à savoir l'annonce de la grâce première, la
proclamation du pardon inconditionnel de Dieu en amont de nos existences, la justification
par la grâce seule, à exprimer dans les contextes d'aujourd'hui et avec
les mots d'aujourd'hui.
Comment articuler ces deux exigences ? Comment dire l'interdit structurant
(littéralement la « parole entre », l'espace qui permet l'exercice de
la liberté et celui du choix et de la responsabilité) et affirmer l'amour de
Dieu, qui suffit à justifier la présence au monde de chacun, qui dit le
pardon et les recommencements possibles, la joie imprenable ?
Serait-il incompatible de confesser un Dieu bienveillant, riche en
bonté et lent à la colère et en même temps posant une limite à l'être
humain et réprimant sévèrement la transgression de cette limite ?.
Les Réformateurs ont discerné divers usages de la Loi, que nous
rappelons en les illustrant par un exemple touchant au thème de la parentalité :
1. Usage "politique" :
En ce sens, la loi permet la gestion de la société civile, elle favorise
un bon fonctionnement des relations humaines ; la loi relève alors de la
sagesse commune.
C'est à ce premier niveau d'usage de la loi que les synodes ont relevé
l’importance d’une parole structurante, qui n'est pas propre à nos vies et
fonctionnements d' Église. Rappeler l'importance d'une loi ou d'un système
législatif, comme régulateur de la vie sociale n'est pas une spécificité
chrétienne.
Cependant les chrétiens – nous-mêmes en Église – peuvent judicieusement
soutenir le bien-fondé et la promotion de lois qui préservent nos sociétés du
chaos et permettent qu'y soit dite, et si possible entendue, la parole de Grâce,
message de pardon et d'amour.
Ainsi l'exprimait le professeur Jean Ansaldi : Pour que la
prédication de l’Évangile soit audible, il faut que le monde tienne debout dans
une certaine cohérence, une certaine justice, une certaine solidité ; s’il
basculait dans le déluge, l’annonce du salut deviendrait inopérante.
Rappelons l'une des Dix Paroles : « Honore ton père et ta mère
afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu
» (Ex 20, v. 12).
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Synode de Sochaux (17 - 20 mai 2007)
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Parole, parentalité, espérance : quels repères pour les familles ?
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